GPS chroniques (1)

Julien Lecomte

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Prologue

Le GPS a été mis au point à l’origine pour l’armée de l’Oncle Sam.

Aujourd’hui il est d’usage courant et fourni en série dans nombre d’objets techniques.

Désormais de plus en plus assistés par cet outil de géolocalisation et de guidage, n’allons-nous pas perdre le sens de l’orientation, un instinct fondamental qui a permis à l’Humanité d’assurer sa survie pendant des millénaires, lors de ses transhumances ?

GPS : Global Positioning System

GPS : Gens Perdus au Sol

GPS : G Perdu le Sens… de l’orientation ?

Voici quatre petite saynètes vécues et relatées à la manière de "choses vues". Je suis attentif à l'usage de cet outil. J'en possède deux : l'un de type randonnée, que j'utilise professionnellement pour relever des coordonnées géodésiques (latitude / longitude). Un autre dans mon téléphone, que j'utilise uniquement en ville, pour trouver une adresse. Je possède un bon sens de l'orientation en milieu naturele et rural, moins en ville. es scénettes relatent des expériences diverses où cet objet technique pris une place qui retint mon attention.

 

Saynète 1 : l’autoroute

Une dame âgée, plutôt classe mais un peu désemparée, m’interpelle poliment depuis sa voiture sur une aire de l’autoroute A10 dans le sens Orléans-Paris : « Monsieur s’il vous plaît, auriez-vous un GPS ? ».

Je répond impérialement : « Non Madame, mais j’ai un cerveau ! ».

Elle sourit d’un air un peu triste. Enfin je ne sais pas vraiment si c’est un sourire ou un rictus de lassitude. Me trouvant honteux de fanfaronner devant cette pauvre dame, je lui demande où elle se rend et lui précise que je possède des cartes routières. Je suis étonné qu’elle ait besoin d’un GPS sur une autoroute, rail de bitume à sens unique où tout est déjà repéré, indiqué, pré-indiqué, signalé avant, pendant, après.

« Paris » me répond-elle, « mais en fait Marne-la-Vallée ensuite !» rajoute-t-elle avec précipitation. Elle a du comprendre que demander la direction de Paris en ces lieux pouvait la faire passer pour une vieille dame perdant la tête. Or sa tête elle l’a bien. Elle a tout à fait saisi le sens de ma fanfaronnade précédente.

Je lui donne les indications générales : « Ne vous inquiétez pas, tout est fléché. En abordant la banlieue, vous trouverez les directions générales pour l’Est : Metz, Nancy. Suivez-les. Je pense que Marne-la-Vallée sera rapidement signalée ensuite. Voulez-vous que nous regardions une carte ? ». Elle refuse, elle agite sa main, me répondant vaguement : « Non, non, ça ira… ». J’ai presque quarante ans de moins qu’elle et j’utilise encore des cartes routières, mais dans l’affaire le ringard c’est moi.

JL - 01/2015

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